La fatigue ne se voit qu'à l'arrêt.

Rédigé le 18/07/2026
Julie Leloup

Pourquoi vous tombez malade le deuxième jour des vacances...

Vous avez tenu jusqu’au bout : les dossiers bouclés, la maison rangée, la valise faite à minuit. Puis vous êtes parti.e.

Et le surlendemain, mal de gorge, ou migraine, ou simplement cet épuisement bizarre, plat, qui ne ressemble pas à de la fatigue de travail et qui vous fait penser, un peu gêné.e, que vous avez du mal à profiter.

Je l’ai vécu aussi il y a quelques années. Et j’ai une explication.

Votre corps ne s’arrête pas parce que l’agenda s’arrête

Pendant des semaines, vous avez tenu bon. Et tenir bon, physiologiquement, ce n’est pas une métaphore. C’est un état.

Votre organisme a maintenu un tonus de mobilisation permanent : cortisol soutenu, adrénaline disponible, vigilance haute, système nerveux en mode survie. C’est un système magnifique, conçu pour vous porter à travers l’effort.

Mais il a un effet secondaire dont on parle peu : tant qu’il tourne, il masque. Il freine l’inflammation, il repousse la fatigue, il met en attente tout ce qui n’est pas urgent. La réparation, la digestion tranquille, la réponse immunitaire complète, tout cela est mis de côté pour plus tard.

Puis vous vous arrêtez. Le stimulus disparaît, l’axe relâche, et le voile tombe.

Ce que vous ressentez au deuxième jour de vacances n’est pas une nouvelle fatigue. C’est toute celle que vous portiez déjà et que vous ne pouviez pas sentir. Le rhume ne vous est pas tombé dessus en vacances : il attendait poliment que vous ayez le temps.

Et c’est là que ça devient intéressant

Vous pourriez croire qu’il suffit de décider de se détendre. C’est précisément ce qui ne fonctionne pas.

Le relâchement ne se commande pas. Il s’autorise. Vous pouvez avoir parfaitement compris votre stress, savoir exactement d’où il vient, l’avoir raconté dix fois, et rester malgré tout dans un corps qui ne lâche pas l’affaire. Parce que ce n’est pas la compréhension qui régule le système nerveux autonome. C’est le corps lui-même, par des signaux qu’il reconnaît : le souffle qui ralentit, la mâchoire qui se desserre, le ventre qui se détend.

La tête comprend. Le corps, lui, attend qu’on lui prouve que le danger est passé.

La couche que personne ne regarde en été

Ajoutez maintenant la chaleur, et vous comprenez pourquoi juillet est si souvent un mois d’effondrement.

Quand vous transpirez, vous ne perdez pas que de l’eau. Vous perdez du sodium, du potassium, et surtout du magnésium. Or le magnésium est le minéral du système nerveux : il intervient dans la détente musculaire, la régulation du stress, la qualité du sommeil, la production d’énergie cellulaire.

Vous arrivez donc en vacances déjà épuisé.e, votre corps choisit enfin ce moment pour lâcher et se réparer, et exactement au même instant vous laissez fuir le minéral dont vous avez besoin pour récupérer. À quoi s’ajoutent une déshydratation qu’on ne perçoit presque jamais, des nuits plus courtes et plus légères à cause de la chaleur, et un métabolisme qui ralentit naturellement quand il fait trop chaud.

Ce n’est pas vous qui n’arrivez pas à vous reposer ! Ce sont ces trois choses qui arrivent en même temps.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Trois gestes ultra simples.

Ne demandez pas à votre corps de s’arrêter d’un coup. Si vous partez bientôt, essayez de lever le pied deux ou trois jours avant, ne serait-ce qu’un peu. C’est la chute brutale qui provoque l’effondrement, pas le repos. Utilisez par exemple les moments des repas pour prendre un vrai moment pour vous, pour ralentir complètement pendant 20-30 minutes, 3-4x/jour.

Salez et minéralisez pour de vrai. Boire beaucoup d’eau plate quand on transpire beaucoup peut diluer davantage. Une bonne eau riche en minéraux ou un mélange eau + eau de coco, un peu de sel de qualité dans l’assiette, des aliments riches en potassium comme l’avocat, la banane, les légumes verts et les fruits secs, et du magnésium en complément si vos nuits sont agitées, si vos paupières sautent ou si vos mollets se crispent.

Offrez au corps une preuve, pas une explication. Cinq minutes par jour, sans écran, où vous ne faites rien. Allongée si possible. Et un seul repère : que l’expiration soit plus longue que l’inspiration. C’est ridiculement simple, et c’est exactement le signal que le système nerveux attend pour redescendre. Si vous avez besoin d’un support, il y a 3 exercices de respiration disponibles sur mon app (tapez “leloup nutrition” dans le store de votre smartphone).

Une dernière chose

Si vous vous êtes déjà senti.e coupable de vous effondrer au moment précis où vous étiez censé.e profiter, j’aimerais que vous reteniez ceci : votre corps ne vous a pas trahi.e. Il a attendu que vous soyez en sécurité pour vous dire ce qu’il vit.

C’est même plutôt bon signe.

Dites-moi, en réponse à cette lettre : est-ce que ça vous est déjà arrivé, ce contretemps du deuxième jour ? Je lis tout, et j’y répondrai peut-être dans la prochaine newsletter.

Bel été à vous,

Julie

P.S. : cet été je suis à l’étranger dans la famille, mais je travaille quand même !

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